La vision occidentale de la maitrise de soi est basée sur la notion de tentation. C’est le fruit défendu qui établit ce qui est bien ou mal en tant qu’il définit l’identité d’un individu. Pour autant, je ne pense pas que l’on soit enserré éternellement dans un périmètre de bien et de mal. Notre volonté individuelle traduit une réelle limite temporelle quant à notre impérieuse incapacité à ne pas succomber. La culpabilité n’est qu’un sentiment éphémère. Il est éphémère parce que naturellement la maitrise de soi est inhérente à l’être humain.

Pour autant, les événements criminels sont souvent liés à la satisfaction immédiate d’un besoin irrésistible (une pulsion) ou à la nécessité d’éliminer un élément perturbateur. L’absence de maîtrise de soi serait un des facteurs clefs de la criminalité selon les experts.

Pour beaucoup, l’évitement de la tentation est la clef de la maitrise de soi. Je ne crois pas que ce soit le cas. Mon avis est même plutôt l’inverse. Ainsi, pour savoir que nous sommes tentés par quelque chose de mal encore faudrait-il savoir que cet acte ou cette pensée est mauvais. Or, les règles morales et éthiques ne sont pas innées. Elles sont véhiculées par la société dans laquelle nous vivons. Nous ne pouvons pas nous maitriser sans avoir constitué un paradigme qui nous est propre. En cela, le développement personnel et l’ensemble des articles ou billets de blogs que vous pourrez lire vous aideront à le constituer.



Changer de paradigme

Je ne détiens aucune vérité. Cependant, après des années à réfléchir sur le sujet, il m’est apparu comme évident qu’aucun schéma préétabli et contraint ne peut s’imposer à quelqu’un. Un des exemples les plus évident est celui de l’alcool. Celui ou celle qui est plongé(e) dans cette addiction aura souvent évolué dans son enfance dans un milieu social où l’alcool coulait à flot. Il ne s’agit pas de faire un amalgame ou de développer des idées communes. Pour dépasser son alcoolisme et annihiler le cycle destructeur, il sera d’abord nécessaire d’abandonner des convictions passées fortement ancrées dans notre psyché. La maitrise de soi nécessite que l’on commence par briser ses chaines pour en construire de nouvelles.

On peut ainsi mettre en avant un paradoxe évident. Lorsque vous souhaitez vous débarrasser d’une addiction lourde ou bien abandonner une mauvaise habitude, résister ne sert à rien. La maitrise de soi n’est pas une compétence qui peut vous aider. En effet, une mauvaise habitude ne se combat pas puisqu’elle est déjà installée. Par cette attitude, vous ne pourriez que vous épuiser. Disposer d’une bonne maitrise de soi permet seulement de vous canaliser. La maitrise de soi alimente votre faculté à effectuer des actions positives.

Maitrisez son environnement

De ces premières réflexions, on peut tirer une leçon qui me paraît très utile au quotidien. En éliminant les tentations, il semblerait que nous soyons plus aptes à nous préparer à une vie épanouie. La maitrise de soi signifie donc, au-delà de la vision individuelle, que vous devez prêter attention à votre environnement global. Il ne tient qu’à nous de disposer d’une faculté de prise de recul suffisante. C’est en observant la big picture de votre existence, vos projets et vos objectifs que vous faites preuve de maitrise puisque vous prendrez des décisions en toute connaissance de cause.

Ensuite, je vous parlais de paradigme. Il en va de même de vos objectifs. La maitrise de soi vous accompagne dans la construction d’objectifs bien réels dans votre vie. Elle aide à vous fixer des buts précis. Les objectifs trop globaux et abstraits polluent votre parcours. Ils ne sont pas atteignables et sont propices à la procrastination. De plus, il est vital de pouvoir mesurer notre capacité à se réaliser. On restera toujours plus motivé en remarquant les petits pas accomplis chaque jour plutôt qu’en contemplant la ligne d’arrivée qui se situe à des centaines de kilomètres. Imaginons que vous souhaitiez courir le marathon, peut-être que vous devriez commencez par un footing de 20 minutes quotidien avant d’essayer de tenir 1 heure.

Le cercle vertueux de la maitrise de soi

Notre motivation est également liée à la maitrise de soi. Lorsque l’on maitrise son environnement, on a davantage confiance en notre lendemain. On ne se pose pas la question du futur. On vit au jour le jour. Les difficultés ne nous apparaissent plus comme des barrières. Les doutes s’envolent et les convictions ne faiblissent pas avec le temps qui passe. La maitrise de soi s’appuie sur cette constante qui fait les grands hommes. En termes de développement personnel, savoir garder le focus sur son objectif permet d’avancer plus vite que les autres et alimente notre motivation. C’est ce cercle vertueux (maitrise, focus, motivation) qui porte les projets de nombreux entrepreneurs de nos jours.

Pour autant, même si l’on ne se pose pas de question, les actions d’aujourd’hui portent celles de demain. La maitrise de soi n’est pas intimement liée à des actes individuels. Elle répond plutôt à des modèles de comportements comme je l’ai déjà évoqué. Ce sont ces modèles de comportements qui conduisent à des actes positifs ou négatifs. Nous devons réguler notre mindset pour que les actes du présent n’alimentent pas ceux du futur. A titre d’exemple, si vous n’allumez pas une cigarette maintenant, vous en allumerez surement moins demain. Nous sommes toujours dans une idée de processus vertueux d’actions positives qui alimentent nos résultats personnels sur le long terme. Les résultats peuvent être endogènes, c’est-à-dire prendre naissance à l’intérieur de notre corps, ou exogènes, c’est-à-dire influer sur notre environnement extérieur (lorsque l’on parle « d’un retour de karma »).

Prendre du recul : une des clefs de la maitrise de soi

Un des aspects primordiaux du processus d’amélioration de la maitrise de soi est la distinction entre court-terme et long-terme. Un nutritionniste vous expliquera l’importance de la notion de récompense. Quelqu’un qui suit un régime peut, pour contrôler ses pulsions, fonctionner selon un système de récompense. Je m’explique. Installer la récompense par l’ingurgitation d’aliments malsains permet de maintenir une constance dans le régime. Petit à petit, on espace ces récompenses pour les faire disparaître. Il s’agit de retarder progressivement la gratification. Dans cet exemple, on remet à plus tard un désir que l’on a à court terme afin d’obtenir une récompense à long terme. On imagine donc sans mal l’utilisation du même procédé dans d’autres domaines et de quelle manière on peut améliorer globalement son bien-être ou sa réussite de façon pérenne.

Pour terminer, je souhaite vous mettre en garde. La maitrise de soi à court terme n’est pas une ressource illimitée. C’est une capacité mono-tâche et non renouvelable quotidiennement. Ainsi, même si vous la renforcez, vous ne pourrez pas l’utilisez sur des tâches ultérieures. La situation est comparable à celle des jeux de combat ou vous n’avez plus assez d’énergie pour exécuter vos coups spéciaux. La parcimonie doit être votre leitmotiv. On appelle cette tendance au non-renouvellement de cette barre d’énergie, l’épuisement de l’égo.

Les personnes qui ont le plus de volonté ont tendance à mieux réussir dans leurs projets, ont une meilleure estime de soi et une santé physique et mentale supérieure à la moyenne. Aussi, bien que la maîtrise de soi soit une ressource limitée, je vous suggère fortement de tout faire pour l’améliorer et la renforcer.

La Plume de DevPerB