Les gens intelligents sont souvent très axés sur leurs objectifs, ce qui les rend particulièrement vulnérables. Leur bonheur est lié à leur succès. Ils se sentent déprimés lorsque le plan ne se déroule pas sans accroc, si l’on en croit une devise très connue.

Une des raisons pour lesquelles les gens intelligents ne sont pas heureux est qu’ils ont tendance à être trop sévères avec eux-mêmes. Et ici, je ne parle pas seulement de leurs réussites et de leurs échecs. Les individus intelligents et réfléchis s’analysent souvent eux-mêmes. Ils étudient leur propre comportement d’une manière très exigeante. Ils recherchent intentionnellement des éléments négatifs dont ils pourraient être les responsables.



Une incompréhension chronique

Être vraiment compris par quelqu’un est l’une des plus grandes expériences qu’un être humain puisse vivre. Comme il est réconfortant de s’asseoir avec une personne partageant les mêmes idées dans un endroit calme et d’avoir une conversation enrichissante, sachant que cette personne comprend vos idées et partage vos vues sur le monde. Malheureusement, les gens intelligents ont rarement ce plaisir. Beaucoup d’entre eux se sentent seuls et incompris, comme si personne n’était capable de voir et d’apprécier la profondeur de leur âme.

Pour autant, le bonheur, c’est quand ce que vous pensez, ce que vous dites et ce que vous faites sont en harmonie. Les gens intelligents manquent d’harmonie entre ce qu’ils pensent, ce qu’ils disent et ce qu’ils font du fait de leur profondeur de réflexion. Ils peuvent avoir des attentes plus élevées à leur égard ou à l’égard d’autres personnes. Le fait de ne pas répondre à leurs attentes peut les rendre malheureux. Cette réalité explique pour partie leur manque d’harmonie envers eux-mêmes et envers les autres.

Gens intelligents et rationalité

Le bonheur n’est que la différence entre les attentes rationnelles ou irrationnelles d’une personne et ce qui se passe réellement. Les gens intelligents ont une vision plus large des événements. Ils pensent judicieusement et de façon rationnelle que les choses peuvent s’améliorer à long terme. La faible volonté que les sociétés humaines emploient aux changements par les actions positives handicape pleinement les personnes à l’intellect plus développé. Disons le clairement, l’incapacité à induire le changement positif sur la communauté peut entrainer un sentiment de tristesse voire une dépression.

L’intelligence n’est pas considérée ici comme un moyen de vivre ou de s’intégrer dans un système existant. Il s’agit plus globalement du constat de l’incapacité cognitive pour certaine personne à s’adapter à des normes. Les gens intelligents veulent réinventer les normes sociales et dépasser le conformisme pour une société qu’ils considéreront comme meilleure (à leurs yeux du moins). Les visionnaires sont souvent des personnes très intelligentes, mais les fous peuvent l’être également.

La recherche universitaire à mis en exergue les trois principaux éléments du bonheur :

  • Avoir des relations sociales enrichissantes
  • Réussir dans son travail ou ses activités journalières
  • Être libre de prendre des décisions de vie indépendamment de toute pression

Cependant, de manière moins évidente, être mieux éduqué, plus riche ou avoir une vie plus remplie ne permet pas de prédire le bonheur d’une personne. Cela pourrait même quelque fois indiquer l’inverse. Pour ma part, je fais une grande différence entre les gens éduqués et les gens intelligents. Aussi, puisque l’on peut être intelligent sans être éduqué, je crois que l’épanouissement individuel va au-delà de critères matériels ou quantifiables.

Le cas particulier des enfants intelligents

Les adultes ont tendance à croire que les enfants intelligents peuvent faire face à tout parce qu’ils sont intellectuellement supérieurs. Cela inclut inévitablement des situations où les enfants intelligents n’ont ni les connaissances ni les compétences nécessaires pour étayer leur expérience. Ainsi, ils traversent seuls des moments difficiles. Les adultes ne comprennent pas qu’ils ont besoin d’aide et les autres enfants ne veulent pas s’associer avec des enfants considérés par les adultes comme des étrangers à la normalité.

Les personnes très intelligentes, qu’il s’agisse d’enfants ou d’adultes, continuent à être considérées comme des étrangers dans la plupart des situations, y compris lorsqu’ils sont en couple ou bien qu’ils deviennent parents. De plus, ils tendent à observer davantage les dégradations de leurs communautés, de leur pays ou du monde en général. Les individus lambdas restent aveugles à ces ravages. Ils restent guidés par le flot d’informations des médias mainstream. Ils demeurent donc le plus souvent sans compassion vis-à-vis des gens intelligents.

Pathologie ou décalage des gens intelligents ?

L’adjectif borderline peut tout à fait caractériser les personnes qui appréhendent leur environnement plus largement. Pour autant, on les considère souvent comme atteint d’une pathologie et on les aiguille vers une thérapie inutile conduisant à l’ingestion de médicaments qui ralentiront leurs facultés mentales.

Quoi qu’il en soit, l’intelligence ne doit pas limiter notre faculté à s’ouvrir à d’autres styles de vie. Notre propre attitude envers les autres, notre intelligence émotionnelle, est profondément liée à notre environnement. Ainsi, en société, la communication joue un rôle central dans notre appréhension du bonheur. L’acceptation de l’autre, de sa culture, s’inscrit dans un processus communicationnel et social qui porte en germes notre faculté à vivre en empathie. C’est lorsque l’on vit en décalage avec notre ressenti que le bonheur ne peut pas s’installer. Voilà l’une des principales difficultés qui ne touche pas forcément uniquement les gens intelligents.

Une nouvelle théorie de la relativité

L’intelligence et le bonheur sont deux termes relatifs ; tandis que le premier est le résultat d’un processus, le second est un état d’esprit temporaire. Les deux peuvent coïncider chez une même personne à un moment donné ; mais à d’autres moments, cette dernière peut changer. Une explication rationnelle de ce phénomène tient au fait que les gens intelligents peuvent regarder la vie d’un point de vue positif ou non. Lorsqu’une personne se concentre sur les difficultés qu’elle a devant elle ou bien sur les nouvelles anxiogènes qui polluent son environnement, forcément elle attire à elle ce qui est négatif.

Pour autant, et ce n’est que mon avis, je reste persuadé que les gens intelligents sont plus exigeants envers les autres et envers eux-même. En cela, ils ne tolèrent pas que leurs résultats soient en deçà de leurs attentes. Ils sont souvent difficilement satisfaits de leurs réalisations. C’est pourquoi, ils se posent toujours énormément de questions, notamment dans leurs relations personnelles.

Intelligence théorique et intelligence pratique

Il faut noter également que l’on peut disposer d’une intelligence théorique et non pas d’une intelligence pratique. Ainsi, le décalage entre des exigences théoriques très élevés et des résultats en pratique beaucoup plus médiocre conduit à une certaine amertume du quotidien. Je suis intimement convaincu que c’est cette déception qui conduit une partie des gens intelligents à se sentir malheureux. Pour autant, ce n’est rien d’autre qu’une prise de conscience en la dure réalité de la vie. En idéalisant cette réalité, ils se sont rendus sont acceptation beaucoup plus difficile.

Le malheur n’est pas un sentiment immuable. En se détachant de nos émotions négatives, que l’on se considère intelligent ou non, alors le bonheur ne peut être que devant nous, car l’abondance s’offre à ceux qui agissent positivement. Aussi, si les gens intelligents sont malheureux, c’est bien avant tout parce qu’il se définissent ainsi, alors même que la nature humaine n’est pas dépressive et anxiogène par principe.

La Plume de DevPerB