Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler de la bienveillance. Alors, je ne vais pas partir dans des explications alambiquées et inutiles qui viendraient polluer votre cerveau. Pour moi, la bienveillance est un sentiment qui me noue parfois le ventre, mais que j’ai des difficultés à garder en moi. Lorsque je suis particulièrement en colère ou que quelque chose me déplaît viscéralement, alors je n’ai pas d’aura de bienveillance.

Je me suis amusé à lire plein d’articles sur le sujet comme à consulter des vidéos de « spécialistes » sur YouTube. J’en ai conclu assez facilement que 90% de ce que l’on peut voir, entendre ou écrire ne correspond qu’à de la fumisterie. Comme j’aime nager à contre-courant, quoi que je sois un très piètre nageur, j’ai quand même voulu creuser le sujet.

Comment est-ce que je peux ressentir de la bienveillance envers des gens, par exemple, envers qui je n’ai aucune affinité ? Il paraît que la société occidentale de tradition judéo-chrétienne veut que, par principe, on accorde une sorte d’immunité à son prochain lorsqu’il nous excède. On a tous eu ce collègue au travail qui arrive régulièrement en retard et qui ne fournit pas le volume de travail attendu. En conséquence, c’est souvent nous qui devons suppléer à son manque d’efficience. Nous devrions être compatissant et faire preuve de bienveillance envers lui.



Les risques inhérents à la bienveillance

Le fait d’appréhender une telle situation négativement génère du cortisol. C’est l’hormone du stress qui petit à petit vous mange de l’intérieur et diminue votre espérance de vie. Le mieux à faire serait-il donc de laisser faire en faisant l’autruche ? Non plus ! En effet, cela risque de vous peser aussi sur la conscience et l’hormone C finira inéluctablement par vous rattraper. Se pose alors la question de la bienveillance. Un comportement de gentleman ou de gentlewoman voudrait que l’on soit à l’écoute de ce collègue et qu’on l’interroge sur ces difficultés pour lui apporter un soutien nécessaire. Un tel comportement ne peut qu’être mutuellement bénéfique.

J’ai, pour ma part, une énorme réserve quant à ce type de schéma. Nous ne sommes pas tous des professionnels aguerris à ce type de problèmes. Nous n’avons pas tous le même niveau d’empathie pour notre prochain. Une mauvaise intervention pourrait exaspérer notre collègue et détériorer la situation (transformer les retards en absences). Cet exemple illustre bien ce que je pense de la bienveillance et la façon dont il me semble le plus opportun d’agir dans le cadre de ce type de difficultés.

S’appuyer sur son intelligence émotionnelle

Personnellement, je suis pour que les personnes en difficultés apprennent de leurs échecs à partir du moment où leur déviation en termes de normes ne met pas leur vie en danger. Je m’explique plus clairement. Être bienveillant, ce n’est pas suppléer l’expérience de la vie. C’est seulement aider et accompagner lorsqu’un collègue, un ami ou un membre de notre famille nous sollicite. L’intelligence émotionnelle nous aide à reconnaître ce type de situations. Parfois, les sollicitations à la bienveillance sont implicites et il s’agit de bien les reconnaître pour ne pas pénétrer une intimité qui nous serait interdite.

Dans une entreprise où les liens hiérarchiques sont préétablis, la bienveillance ne joue qu’un rôle limité. En effet, on dépasse en ces lieux les obligations morales pour entrer dans le cadre d’obligations contractuelles. Aussi, ce sont les supérieurs hiérarchiques, formés ou expérimentés et suffisamment payés pour cela, qui sont en charge de situations qui justifieraient extra-muros un apport de bienveillance. Il paraît d’ailleurs que ce supplément de paie justifie une production massive d’hormone C auprès de ces dits supérieurs qui, parfois, meurent plus rapidement que leurs subordonnés. Cela est une autre histoire que je vous narrerai dans un prochain épisode.

Bienveillance et addictions : même combat

Pour autant, la bienveillance permet de se sentir bien. On se sent toujours bien après avoir eu l’impression d’aider. Cela nous valorise et flatte notre égo. En fait, il n’en est rien. C’est seulement ce que l’on croit, une illusion post-moderne. Il s’agit en l’espèce d’un processus en cours dans notre cerveau. Comme pour les addictions, rechercher en permanence les bonnes actions à mener pour augmenter notre jauge de bienveillance n’est que le résultat d’une réaction chimique intérieure complexe. Pour faire simple, nous allons rechercher, au péril de notre existence, la production de dopamine (l’hormone du bonheur) induite par ces bonnes actions. On recherchera la production de l’hormone D tout comme un toxicomane a besoin de sa dose d’héroïne ou un accro aux réseaux sociaux sollicite les likes.

A présent, il ne vous reste plus qu’à faire cas ou non de ce que je viens de vous narrer sur la bienveillance. J’espère qu’à minima cela vous aura fait réfléchir. Pensez à bien vous inscrire à la lettre d’information du blog. A bientôt pour de nouveaux articles rigolos.

La Plume de DevPerB